Lors de l’ECTRIMS 2025, MS Nurse Pro a organisé deux séances d’infirmières, la seconde avec des présentations de Noreen Barker, Christen Kutz et Stijn Denissen. Ils ont présenté comment la prise de décision partagée et de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, peuvent améliorer le traitement des patients atteints de sclérose en plaques.
Également appelé SDM, il s’agit d’un processus collaboratif où les professionnels de santé intègrent les valeurs, préférences et objectifs du patient lors de la prise de décisions médicales. Ses principales caractéristiques incluent :
L’intégration de ce concept peut conduire à de meilleurs soins aux patients en améliorant la satisfaction et la confiance, en améliorant l’adhésion au traitement, en réduisant les regrets décisionnels et l’anxiété, et en encourageant des soins personnalisés.
Des dispositifs tels que l’outil MS-SUPPORT, une aide à la décision en ligne, interactive et fondée sur des preuves, développée en consultation avec PwMS, peuvent aider à la mise en œuvre de la SDM. Son objectif est de générer un résumé personnalisé des objectifs de traitement, des préférences, de l’adhésion, de l’utilisation du DMT et de la situation clinique du patient, à partager avec son clinicien avant un rendez-vous.
Une étude menée par Col et ses collègues a examiné l’efficacité de cet outil et a constaté qu’il aidait efficacement les patients, dont la majorité (88 %) l’approuvent fermement. Comme l’ont démontré les résultats, l’utilisation de cet outil a augmenté l’adhésion et amélioré la santé mentale à court terme. Néanmoins, l’article présente ses limites, telles que le biais de sélection, le biais de réponse, le biais de désirabilité sociale et le biais de mémoire. Ainsi, pour une vision plus complète de l’utilité des outils SDM, des recherches supplémentaires sont nécessaires.
Des recherches spécifiques ont également été menées en recueillant l’avis de femmes atteintes de SEP qui (planifient) une grossesse. L’article conclut que l’outil MS-SUPPORT est généralement convivial, mais ils ont également découvert des difficultés d’utilisabilité, telles que le filtrage des informations et la réception de recommandations contradictoires. Cela montre que, bien que les PDA soient utiles pour la prise de décision au diagnostic initial, il reste du travail à faire dans des domaines comme la planification de la grossesse.
Aides SDM :
Outils numériques :
Aides SDM spécifiques au traitement :
L’outil présenté dans la section précédente, MS-SUPPORT, est un exemple d’aide à la décision pour le patient (PDA). Ce terme générique couvre une variété d’aides et d’outils :
Un groupe de chercheurs, en collaboration avec des praticiens et divers acteurs impliqués, a élaboré les Normes internationales d’aide à la décision des patients (IPDAS). C’est un cadre commun pour les PDA concernant leur contenu, leur développement, leur mise en œuvre et leur évaluation. Publié pour la première fois en 2003, la ressource est fréquemment mise à jour pour répondre aux normes médicales en évolution.
Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) a également publié un cadre de normes pour les outils de soutien à la prise de décision partagée. Ce document aide les personnes utilisant des PDA à déterminer leur utilité, et aide les développeurs de PDA à effectuer des auto-évaluations quant à la qualité de leurs outils et processus. Ils ont proposé le cadre suivant :
Est-ce que cela vaut la peine d’intégrer les PDA dans les soins aux patients ? Si vous demandez à la littérature scientifique, elle vous dira que cela en vaut vraiment la peine, même si des recherches supplémentaires sont nécessaires.
| Revue de la bibliothèque Cochrane | Prototype d’aide à la décision pour patients | Projet CRIMSON | |
| Conclusions |
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| Conclusions |
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Conclusions sur les PDA tirées de la littérature :
Défis restants :
La prise de décision partagée dans la sclérose en plaques est présentée comme un impératif éthique. Cependant, la question ici n’est pas de savoir si la GDS est éthique ou morale, mais plutôt : fonctionne-t-elle réellement ? Dans certains cas, oui, car cela aide à réduire les conflits décisionnels grâce à une plus grande auto-efficacité et une plus grande certitude , et cela n’augmente ni les taux d’anxiété ni de dépression. En revanche, puisque 91 % des patients préfèrent soit la décision autonome, soit la décision partagée, il n’existe aucune preuve empirique que les PDA soient particulièrement efficaces pour l’adhésion, ce qui a entraîné une durée moyenne de 2,55 minutes de prolongation des visites cliniques.
Par conséquent, des améliorations sont nécessaires, dans lesquelles l’intelligence artificielle peut être utile. La littérature révèle qu’il existe 3 façons dont l’IA pourrait aider à la prise de décision :
Cette dernière conclusion est contestée car d’autres recherches n’ont trouvé aucune différence de qualité de traitement entre l’algorithme et les soins standards.
Utiliser l’IA pour des sujets aussi sensibles soulève également des questions sur les risques potentiels. Par exemple, beaucoup de modèles sont en boîte noire, ce qui signifie que leur fonctionnement interne est opaque. Comme pour tout ce qui est inconnu, cela peut facilement provoquer de l’anxiété. Ici, deux approches pourraient offrir une solution : une méthode hybride où les PDA sont utilisés simultanément avec les cliniciens lors des consultations , ou l’IA explicable pour contrer le problème de transparence.
Dans l’ensemble, l’IA est une technologie qui va continuer à influencer la société, donc pour que les infirmiers puissent l’utiliser de la manière la plus efficace et efficiente possible, et fournir des conseils précis aux patients, ils doivent recevoir des formations complètes.